dimanche 20 novembre 2016

Vignoble de Puligny-Montrachet


Le Vignoble : Puligny-Montrachet

👉Pour cette approche du vignoble, je vous propose deux textes :
  1 - l’un (Ă©criture noire) se rĂ©fĂ©rant au « Grand Atlas des Vignobles de France (BenoĂ®t) (Edition 2002) »,  
     2 - l’autre (Ă©criture bleue), plus dense et dĂ©taillĂ©, Ă©manant du blog très documentĂ© de Patrick Essa (vigneron Ă  Meursault).


 1 - Grand Atlas des Vignobles de France (BenoĂ®t) (Edition 2002)

Le vignoble de Puligny-Montrachet sur 211 ha, porte les plus grands vins blancs secs du monde. A diffĂ©rents niveaux d’intensitĂ©, ce sont les vins les plus Ă©lĂ©gants et les plus racĂ©s que l’on puisse imaginer. Tous les vins de Puligny possèdent Ă  la fois de la dĂ©licatesse, de l’ampleur et des arĂ´mes d’une exceptionnelle beautĂ©, qui se magnifient encore avec le temps. Longs en bouche, onctueux, ils sont inoubliables.


Les facteurs naturels et le vignoble :
Blotti entre Meursault et Chassagne, le vignoble de Puligny se prĂ©sente de manière homogène sur un coteau rĂ©gulier qui produit des vins droits et francs. 
Entre les communes de Meursault, au nord, et de Chassagne-Montrachet, au sud, le vignoble de Puligny-Montrachet est bien adossĂ© Ă  un coteau rĂ©gulier entre 225 et 385 m, pour la partie du vignoble situĂ©e au-dessus du hameau de Blagny. Il est bien abritĂ© des vents d’ouest par les montagnes de l’arrière-cĂ´te et ne subit d’autres effets climatiques que ceux liĂ©s Ă  sa parfaite exposition sud-ouest. 

Puligny-Montachet : 
Le secteur situĂ© Ă  l’est de la faille, qui porte les vignobles d’appellation communale, est composĂ© de sols brun calcaire et de sols bruns dans la zone basse du piĂ©mont sur les alluvions anciennes.

Les vins blancs d’appellation communale Puligny-Montrachet sont assez homogènes et le plus souvent d’un haut niveau qualitatif, sans toutefois atteindre les niveaux de complexitĂ© des Premiers Crus.

Parmi les diffĂ©rents lieux-dits, deux d’entre eux mĂ©ritent d’ĂŞtre mentionnĂ©s pour la qualitĂ© de leurs vins :
-Les Enseignières , qui prolonge les Grands Crus Bâtard et Bienvenues-Montrachet vers l’est, donne des vins amples et riches ; - Les Charmes , Ă  l’extrĂ©mitĂ© nord de la commune, est la continuitĂ© naturelle du Premier Cru de mĂŞme nom situĂ© sur Meursault. Il a une Ă©lĂ©gance bien supĂ©rieure Ă  celle que l’on doit attendre d’un vin d’appellation communale.

Les Premiers Crus : 
Dix-sept climats classés Premiers Crus sont reconnus sur la commune de Puligny-Montrachet. Ils possèdent pour certains des caractéristiques proches de celles des Grands Crus, et parfois identiques.
La partie du coteau qui porte les Premiers Crus, puis les Grands Crus est constituĂ©e d’un sol très Ă©troitement liĂ© au substrat jurassique : rendzines6 blanches sur des calcaires marneux et les marnes, ou encore rendzines6 rouges ou brunes et sol brun calcaire sur les Ă©boulis marno-calcaires du versant.
Le climat Les Combettes est situĂ© Ă  mi-coteau entre Champ Canet et Les Referts. Bien qu’en limite de Meursault, ce lieu-dit produit un vin très typĂ© Puligny, dont la finesse et l’Ă©lĂ©gance tranchent nettement avec la puissance et l’ampleur qui marquent le vin du climat les Charmes du Dessus, qui le jouxte sur Meursault.
Sous Les Combettes, le Premier Cru Les Referts repose sur un sol composĂ© de bancs marneux, d’oxyde de fer et d’argile. Les vins que l’on y produit sont consistants et gras, très bien structurĂ©s, caractĂ©risĂ©s par des arĂ´mes de miel et de fougères. Il Ă©tait autrefois plantĂ© en pinot noir.Au centre du vignoble, le lieu-dit Clavaillon produit, sur un sol profond, riche en argiles nĂ©anmoins bien drainĂ©es, un vin charnu et fin, consistant et souple, lui aussi bien typĂ© Puligny. Comme Les Referts, ce climat Ă©tait autrefois plantĂ© en pinot noir.
 
Le climat Les Folatières bĂ©nĂ©ficie d’une exposition parfaite au levant. Une petite combe qui le surplombe y apporte d’excellentes colluvions argilo-calcaires. Celles-ci confèrent aux vins qui en sont issus beaucoup de race, de chair et de consistance. Ce vin acquiert avec le vieillissement des arĂ´mes d’amande grillĂ©e et de miel. 
Entre Le Cailleret, Ă  l’est, et les Grands Crus Bâtard et Bienvenues, au sud, Les Pucelles repose en exposition est-sud-est sur un sol caillouteux, riche en argile, sur un sous-sol calcaire. Les vins issus de ce climat sont riches et moelleux, très aromatiques, avec un long potentiel de garde. Quant aux vins produits sur la bande qui jouxte le Grands Crus, ils sont d’un niveau identique Ă  ceux de ces derniers.Le lieu-dit Le Cailleret, composĂ©s des lieux-dits Le Cailleret et Les Demoiselles, est situĂ© dans le prolongement naturel des vignobles du Montrachet et du Chevalier-Montrachet. Si ses vins n’Ă©galent pas ceux du Montrachet, ils peuvent, tout au moins pour ceux qui proviennent du lieu-dit Les Demoiselles, rivaliser le plus souvent avec ceux du Chevalier par leur richesse, leur Ă©quilibre et leur finesse. 

Les Grands Crus : 
Montrachet :
Le Montrachet  couvre une surface de 7ha 99a 80 ca sur les communes de Puligny-Montrachet (4ha 1a 7ca) et de Chassagne-Montrachet (3ha 98 a 73ca).

Il se trouve Ă  mi-coteau, Ă  une altitude comprise entre 255 et 270 m, entre le Bâtard-Montrachet, situĂ© en dessous, et qui lui aussi se partage entre les deux communes, ert le Chevalier-Montrachet, qui le surplombe uniquement sur Puligny-Montrachet.Le vignoble est exposĂ© du sud, pour la partie Chassagne, Ă  l’est, pour celle de Puligny, et repose sur un versant inclinĂ© Ă  10%. Le sol est bien drainĂ©, brun calcaire, localement très chlorosant, notamment en son tiers supĂ©rieur, oĂą une couche de marne rougeâtre donne un taux de calcaire actif très important.Le sol, d’une Ă©paisseur d’environ 50 cm, très pauvre, composĂ© de sables siliceux, d’argile, de carbonates et d’oxyde de fer, est installĂ© sur un sous-sol dolomitique Bathonien1.
Le microclimat est exceptionnellement doux, comme l’atteste la prĂ©sence de nombreuses espèces vĂ©gĂ©tales. MĂ©diterranĂ©ennes.
Les Montrachet de Chassagne, exposĂ©s au sud, ont la rĂ©putation d’ĂŞtre plus riches et plus gras que ceux de Puligny, qui regardent vers l’est, mais qui passent pour ĂŞtre plus fins et plus Ă©lĂ©gants.

Ce sont toujours, quelle que soit leur provenance, des vins majestueux et de longue garde, qui doivent absolument vieillir pour rĂ©vĂ©ler tout leur potentiel. Il est difficile de’ dĂ©crire le vin de Montrachet qui mĂ©rite tout les superlatifs tant pour ce qui concerne les arĂ´mes que sa texture, son Ă©quilibre et sa longueur en bouche. Boire un grand Montrachet (ils ne le sont pas tous) est un moment inoubliable, et la splendeur de ce vin hors du commun reste Ă©ternellement gravĂ©e Ă  l’esprit. 

Chevalier-Montrachet :
Comme le Montrachet qu’il prolonge vers le haut du versant, de 265 Ă  300m d’altitude, le Chevalier-Montrachet est situĂ© sur le meilleur du coteau de Puligny, oĂą il couvre 7ha 36a 14ca.  
Ce coteau est formĂ© Ă  son sommet d’un rebord de plateau pauvre et dĂ©nudĂ©, et par endroits presque dĂ©pourvu de sols ou encore revĂŞtu de sols bruns squelettiques laissant apparaĂ®tre les calcaires très durs du Bathonien1. La partie supĂ©rieure du Chevalier-Montrachet se trouve sur le dĂ©but du versant viticole avec des rendzines6 lĂ©gères issues des marnes et des calcaires marneux du Bajocien. Par le jeu de l’Ă©rosion, les terres de ce vignoble fortement inclinĂ© (20%) sont descendues plus bas. Le meilleur du Chevalier est installĂ© sur des rendzines6 normales, qui reposent sur les calcaires du Bajocien7 pour une partie, et sur ceux du Bathonien1 supĂ©rieur, amenĂ© par une faille au contact du Bajocien7, pour une autre. C’est un terroir très bien drainĂ© exposĂ© au sud-sud-est.
 
On distingue traditionnellement sur ce climat trois bandes parallèles et perpendiculaires au versant, chacune produisant des vins dont les différences ne sont pas nettement marquées, au contraire des Montrachet de Chassagne ou de Puligny.
La première bande situĂ©e au bas du climat, jouxtant le Montrachet, produit des vins semblables Ă  ceux de ce dernier. Les vins de la bande centrale, qui repose sur des sols moins Ă©pais, plus calcaires et plus froids, sont moins riches et opulents. Les vins produits sur la bande supĂ©rieure sont minĂ©raux et plus sĂ©vères mais restent toujours de très grands vins et d’une extrĂŞme finesse. Les vins issus de ces trois secteurs sont le plus souvent assemblĂ©s pour la production d’un vin complet.
Le vin du Chevalier-Montrachet, racĂ©, Ă©lancĂ© et finement minĂ©ral, est souvent marquĂ© dans sa jeunesse par des arĂ´mes de fougère ; Il peut ĂŞtre distinguĂ© du Montrachet par un profil moins massif, et par une bouche d’une Ă©lĂ©gance et d’une finesse tout Ă  fait remarquables. Il est lui aussi un vin de longue garde qui rĂ©vèle avec le temps ses arĂ´mes exceptionnels de complexitĂ© et d’Ă©lĂ©gance.

Bâtard-Montrachet : 
Dans le prolongement sud-est du Montrachet, les 11ha 86a 63ca de ce vaste Grand Cru reposent en partie sur la commune de Puligny (6ha 2a 21ca) et sur celle de Chassagne (5ha 84a 42 ca).
Le vignoble regarde vers l’est. Sa partie haute, qui jouxte le Montrachet, est installĂ©e sur une pente assez douce qui prĂ©sente Ă  cet endroit un sol d’Ă©boulis relativement profond et bien drainĂ© reposant sur les calcaires du Bathonien1. En descendant vers la route, la pente s’attĂ©nue, l’Ă©paisseur du sol s’accroĂ®t et sa nature devient plus argileuse. Le vignoble forme un replat oĂą les conditions semblent moins favorables Ă  la production d’un vin exceptionnel. Les Bâtard-Montrachet sont de grands vins puissants, massifs, gras et opulents, qui ne possèdent ni l’Ă©lĂ©gance du Montrachet ni la finesse du Chevalier.

Bienvenues-Bâtard-Montrachet :
Ce climat est situĂ© Ă  l’angle sud-est du Bâtard, oĂą il occupe une surface de 3ha 68a 60ca dans un paysage semblable Ă  celui de la partie basse des Bâtard.
La pente y est douce et rĂ©gulière, le sol relativement Ă©pais et l’exposition identique vers l’est. Les vins des Bienvenues-Bâtard-Montrachet, riches, massifs et opulents, sont très proches de ceux du Bâtard.  

Criots-Bâtard-Montrachet :
Ce très petit climat de 1ha 57a  21ca est situĂ© sur la commune de Chassagne-Montrachet dans le prolongement sud-ouest du Bâtard-Montrachet et en limite des vignobles de l’appellation communale Chassagne-Montrachet. Bien exposĂ© au sud, il est implantĂ© sur une lĂ©gère pente et produit des vins Ă©lĂ©gants mais peu connus en raison de sa faible production.


 

2 – Blog de  Patrick Essa  (PubliĂ© le 27 Novembre 2014)

Les blancs secs de Puligny - c'est un simple constat - sont les plus recherchés de la planète. La raison la plus simple à cet état de fait tient à la remarquable exposition d'un finage restreint. Ici le chardonnay est en son jardin et il n'est pas un arpent qui ne puisse y produire un blanc de haut niveau, du simple aligoté jusqu'au "grand" Montrachet.

EnclavĂ© entre Chassagne au Sud, Meursault au Nord et Saint Aubin Ă  l'Ouest, la commune forme un presque carrĂ© dont la pente est majoritairement versĂ©e Ouest-Est.  

Souvent caractĂ©risĂ©e comme fort modeste, l'aire d'appellation mesure tout de mĂŞme près de 225 hectares et, fait notable, la-quasi totalitĂ© des vignes en coteau est classĂ©e en premiers crus ou en grands crus. Le vignoble est abritĂ© des vents par la Montagne du Châtelet de Montmalin et par le Mont Rachet - mont rachis = mont chauve - qui, pelĂ© originellement, par les vents Ă©tait marquĂ© par une vĂ©gĂ©tation rase s'assimilant partiellement Ă  celle que l'on trouve sur le pourtour mĂ©diterranĂ©en. Ces indices vĂ©gĂ©taux qui sont avĂ©rĂ©s ont longtemps laissĂ© conclure les observateurs sur un microclimat chaud idĂ©al Ă  la belle maturitĂ© rĂ©gulière de baies en zones septentrionales.  
Il me paraît plus juste aujourd'hui d'observer le rôle protecteur des petites montagnes qui surplombent les vignes et qui en les protégeant idéalement des courants chauds et froids autorisent une maturation équilibrée et régulière. Le "génie" de la Côte des blancs n'est à l'évidence pas à chercher uniquement dans sa capacité à capter lumière et chaleur mais bien plus dans le fait que la zone tempère naturellement tous les excès climatiques.
Lieu oĂą le chardonnay continue d'ĂŞtre mĂ»r Ă  12,6/13,3 degrĂ©s quel que puisse ĂŞtre le caractère de l'annĂ©e lorsqu'il est rĂ©coltĂ© sur la base de rendements par pieds mesurĂ©s, ce secteur du cĹ“ur de la CĂ´te des blancs est unique car une des failles qui entaille le système complexe de la CĂ´te de Beaune sĂ©pare dans le sens Nord-Sud le vignoble des gĂ©nĂ©riques (Bourgognes et Villages) de celui des crus identifiĂ©s.  
Si la partie supĂ©rieure haute est directement sur le calcaire du Bathonien, les parties mĂ©dianes plus complexes sont souvent plus marneuses et comprennent des Ă©boulis et des tĂŞtes de roches provenant de rĂ©surgences calcaires sous jacentes. Ce substrat comprend encore des limons et diffĂ©rents types d'argiles selon les zones.  

La partie basse portant certains climats de niveau villages et gĂ©nĂ©riques est posĂ©e sur des sols bruns calcaires marquĂ© par des argiles du Pliocène5. Le trio de tĂŞte des blancs de CĂ´te d'Or est toujours caractĂ©risĂ© selon l'intensitĂ© de la vivacitĂ© de ses crus et Puligny est frĂ©quemment prĂ©sentĂ© comme ayant celui qui dispose naturellement du plus de tension. Je ne vois pas les choses ainsi car il m'apparaĂ®t Ă©vident que les limites communales ne rendent pas compte d'un type unique et s'il faut expliquer la rĂ©elle nature des climats se pencher sur les divers sols et expositions me paraĂ®t plus pertinent. Par ailleurs on ignore très souvent que le village de Puligny se situe sur une nappe phrĂ©atique qui n'a jamais permis de bâtir des caves profondes et fraĂ®ches comme c'est le cas chez les voisins et il est Ă©vident qu'historiquement cet Ă©tat de fait a donnĂ© du sens au caractère constatĂ© dans ces vins Ă©levĂ©s sur de moins longues pĂ©riodes et donc justement et naturellement bâtis sur la fraĂ®cheur.  
Les parties basses argileuses sont situĂ©es sous les villages et produisent de bons Bourgogne blancs fruitĂ©s qui sur le secteur Sud peuvent rivaliser avec les villages qui sont au dessus. Cas des Houllieres, des Arties ou de la Combe. Plus au Nord, Champ Perrier, Femelottes et PrĂ© de la Dame sous le village "Reuchaux", sont sur des terres plus argileuses et ils produisent des crus pleins et charnus sur des zones dont il faut maĂ®triser la vigueur. Quelques lieux-dits gĂ©nĂ©riques  se trouvent Ă  l'Est de la N6 et participent quelque peu de cette qualitĂ© comme "Les Champans" qui regardent le Sud sur une pente franche dont le bas est toutefois humide. Ce sont des sols plus collants qui ressuient moins vite et qui peuvent avoir les pieds dans l'eau. On peut y observer quelques vignes de pinots.

Un peu plus haut, au niveau du village et sous les premiers et grands crus se situent des villages de bonne qualitĂ© dont les meilleurs s'Ă©panouissent aux extrĂ©mitĂ©s du finage. 
Au Sud les "Enseignières" et au nord les "Charmes" qui sont tout contre les "Charmes dessous" de Meursault. La zone de village est encore assez argileuse et fertile et une des contraintes importantes pour y produire des vins concentrĂ©s est de juguler la vigueur des plants, sans quoi les rendements peuvent ĂŞtre très abondants. Les meilleurs producteurs veillent Ă  produire moins de 55 hectolitres par hectare et savent gĂ©nĂ©rer de belles cuvĂ©es dans les "Nosroyes" les "Levrons" et les "Grands Champs" en particulier.    

Les parties Ă©levĂ©es du finage sont forts intĂ©ressantes car positionnĂ©es très hautes sur le coteau avec certains des premiers crus les plus hauts de la CĂ´te des blancs, plus de 320 mètres parfois. Directement sur le Bathonien1 ces vignes plus froides et tardives ont pourtant un vrai caractère que l'on assimile au nom du hameau voisin: Blagny. Terres mixtes aujourd'hui largement plantĂ©es de chardonnay, elles continuent de fournir le très original Blagny rouge qui peut ressembler Ă  certains crus du Nuiton par sa fraĂ®cheur et son profil centrĂ© sur les fruits rouges.  
Sous le Puits et Garennes sont ainsi des climats qui réussissent parfaitement en année chaude et qui ont toujours - dans les deux couleurs - une superbe énergie. Garenne plus fin en son versant Nord ressemble un peu au Hameau de Blagny et aux Champs Gains juste en dessous mais ces trois là n'arrivent pas au niveau des deux meilleurs crus du secteur posés sur des rendzines, marno-calcaires, Chalumeaux et Truffières qui sans doute comptent parmi les vins les plus élégants et floraux de la commune.
''J'ai un faible pour « Chalumeaux » qui est souvent minorĂ© face aux meilleurs premiers crus mais qui semble mĂŞler la douceur de texture murisaltienne Ă  la finesse innĂ©e des zones un rien plus fraĂ®che. Un très grand Puligny! ''  

Le secteur mĂ©dian - Ă  mi-pente donc - est l'exact pendant du coteau de Meursault 
avec toutefois une notable nuance, sa pente est plus forte et longue en Folatières et moins Ă©levĂ©e dans les autres crus.  
Un sol brun Ă  blond, caillouteux et marno-calcaires variant selon les climats est quasiment parfait pour l'expression des chardonnays. Cela change quelque peu le caractère de ces crus qui sont toujours magnifiquement constituĂ©s et marquĂ©s par une vigueur Ă©tonnante en mĂŞme temps que par une structure et une matière unique. Vins de sève ils ne s'Ă©panouissent au niveau de leur race que sur la base de rendements mesurĂ©s, sinon ils peuvent se montrer sĂ©ducteurs mais un peu diluĂ©s et sans le caractère que leur morpho gĂ©ologie leur confère. Chacun d'eux peut ĂŞtre digne d'un grand cru Ă  l'exception du quatuor Perrières, Referts, Clos de la Garenne, Clavaillon qui ne jouent pas tout Ă  fait dans la mĂŞme division car moins complexes et fins, ils sont au niveau des Champs Gains.  
es, Folatières, Champs Canet, Pucelles et Le Cailleret sont tous Ă©blouissants de puissance et de race mais ils ne se ressemblent guère sur le plan organoleptique. 
Les décrire est un casse tête mais j'imagine toujours Folatières et Pucelles sur le raffinement de texture et l'élégance avec toujours plus de puissance en allant vers le bas de Puc
elles et toujours plus de sensations aĂ©riennes en montant le coteau. Les Folatières (et son sous climat Sud Les Demoiselles) est un grand cru naturel qui aurait dĂ» ĂŞtre classĂ© car il ne cède rien au Bâtard et se montre souvent plus fin, Combettes Ă  la classe mĂŞlĂ©e des Charmes dessus et Perrières du plat sur Meursault... 
Il se vendait d'ailleurs en Meursault Combettes jusqu'au 19ième siècle!
Champ Canet est un vin moins dense, plus spirituel et près plus vite mais est sans doute le plus raffiné de tous à son meilleur.
En résumé je verrais un classement ainsi :

Premier cru A : 
Combettes, Folatières, Pucelles, Le Cailleret, Chaniot  (dans Les Folatières) Champ Canet ·
Premier Cru B : 
Chalumeaux, En la Richarde  
Premier Cru C : 
Referts, Perrières, Truffières, Clos de la Mouchère (Partie Sud des Perrières)
Premier Cru D : 
Hameau de Blagny, Champs Gains, Garennes, Sous le Puits, Clos de la Garenne, Clavoillon.
 
On les connaît peu mais il subsiste quelques rouges très intéressants sur le finage de Puligny.
 
Le premier est un vin d'altitude, le Blagny rouge qui peut être attractif et gourmand et lorsqu'il est bien vinifié fort plaisant jeune pour ses accents de fruits rouges. N'en attendez pas trop de puissance toutefois.

Le second est une raretĂ© et s'Ă©panouit de manière fort confidentiel dans un premier cru : Le Cailleret au Nord du climat. J'en ai dĂ©gustĂ© trois ou quatre fois sur des bouteilles ayant plus de 10 ans qui Ă©taient d'une rare et jolie intensitĂ©. Très diffĂ©rent du Blagny il se rapproche du Clos Saint Jean de Chassagne. Naguère les climats de Referts et Clavoillon portaient des rouges estimĂ©s et si l'on se fie Ă  l'oxyde de fer qui se mĂŞle Ă  ces terroirs un peu plus argileux on ne peut que regretter leur "blanchiment" total actuel. Mais hĂ©las Montrachet et pinot s'accommodent beaucoup moins bien que Montrachet et Chardonnay... Un fait.  

Les Grands Crus:  
Le cru de Chevalier-Montrachet est au fond assez étendu puisqu'il mesure un peu moins de 8 hectares, mais c'est un vin que l'on déguste peu et surtout que l'on déguste très souvent trop jeune tant ses arômes floraux délicats et son côté étincelant invitent à l'ouverture. Je me souviens avoir dégusté de vieux Chevalier chez Bouchard ou Bernard Clerc et également quelques vieilles bouteilles de M. Deléger et de Niellon, à chaque fois cela fut un enchantement tant la maturation sous verre apporte du poids à ce cru altier et dominateur qui ne révèle jamais mieux son terroir que lorsqu'il a plus de dix années de bouteille et qu'il bascule vers des notes de fleur de tilleul, de chèvrefeuille et d'aubépine avec un "je ne sais quoi" d'unique dans sa manière de se donner avec sensualité.

Il est pour moi sans conteste le plus grand vin de Bourgogne lorsqu'il est rĂ©ussi et abouti, devant Montrachet lui mĂŞme. Cousin des Genevrières du dessus et de la partie mĂ©diane des Folatières, il acquiert en sa partie "terrasse" une Ă©nergie de cailloux qui surpasse encore les parties basses pourtant mieux considĂ©rĂ©es en moyenne.  
Le petit cru des Bienvenues-Bâtard est positionnĂ© juste sous le Bâtard et contre les Pucelles. Ce climat en faible dĂ©clivitĂ© est composĂ© de sols calcaires marquĂ©s par des argiles assez lourdes. De couleur brune, presque noire, ces terres assez lourdes en surface marquent les vins du cĂ´tĂ© de la gĂ©nĂ©rositĂ© aromatique et leur confèrent un corps puissant qui les rend parfaitement apte Ă  la longue garde.
Ce n'est sans doute pas le grand cru le mieux placĂ© de Puligny et il souffre souvent de la comparaison avec le Chevalier beaucoup plus Ă©lĂ©gant et fin et le Bâtard qui possède encore plus d'Ă©nergie et un profil aromatique  souvent plus complexe. Mais sa douceur de texture et son volume de bouche en font un cru accessible et raffinĂ© qui se montre idĂ©al au moment d'accompagner des poissons de rivière cuisinĂ©s ou bien entendu de la langouste ou du homard. Il ressemble quelque peu  sur le plan stylistique Ă  la partie mĂ©diane des Charmes de Meursault.

De nombreux bons producteurs en exploitent des parcelles fort morcelĂ©es si l'on excepte la large parcelle du domaine Leflaive. Ainsi les vins de Ramonet, Pernot et Carillon font-ils preuve d'une rĂ©gularitĂ© sans faille qui fait honneur Ă  la grande rĂ©putation dont jouit le village de Puligny. J'aime Ă©galement ceux plus confidentiel du domaine Jean-Claude Bachelet - 600 bouteilles bon an mal an - qui sur les 9 a 42 ca qu'il a en production se permet de tutoyer les meilleurs. 
  
Bâtard-Montrachet, vin recherchĂ© se nĂ©gociant Ă  prix d'or, le très puissant Bâtard semble sur son nom concentrer toute la classe des vins de Montrachet. Cher, peu aisĂ© Ă  trouver, toujours dominateur, il est sans conteste l'un des vins les plus puissants et charpentĂ©s de la planète chardonnay. A juste titre.
Les 4 hectares situĂ©s sur Chassagne regardent le Sud ou forme un presque plat du cĂ´tĂ© des Bâtard de Puligny. Plus prĂ©coces, posĂ©s sur des terres un peu plus claires et caillouteuses cette zone livre les vins les plus sensuels et raffinĂ©s du climat avec une note mĂ»re d'une suprĂŞme Ă©lĂ©gance qui n'est pas sans rappeler le grand Montrachet voisin avec encore plus de densitĂ©. Il s'agit je crois de la portion grand cru la plus qualitative de Chassagne avec son Montrachet et sans doute aussi la plus personnelle tant un cru issu de ce "Bâtard du Sud" est toujours un Ă©merveillement gustatif. 

Les 4 hectares de Puligny-Montrachet sont orientĂ©s plein Est sur un secteur quasiment plat regardant très lĂ©gèrement le levant. Stylistiquement un peu plus fin et moins puissant que celui de son voisin il partage avec lui ce cĂ´tĂ© très dense et riche qui en font de très haute gastronomie. Le meilleur secteur Ă©tant sans doute celui qui est tout contre Chassagne-Montrachet. A noter l'existence d'un Clos qui est plantĂ© dans le sens Nord-Sud et qui quasiment plat est posĂ© sur des terres un peu plus riche. Ce Clos Poirier du nom de la famille propriĂ©taire de la parcelle est aujourd'hui exploitĂ© en totalitĂ© par le domaine Pierre Morey sur près de 1 hectare.    

Le Grand Cru Montrachet produit certains des plus grands vins blancs secs de Bourgogne et est sans doute celui qui de nos jours se vend le plus cher, tant sa petite surface est courtisĂ©e par les vignerons pour sa rĂ©putation multisĂ©culaire. Les bourguignons l'ont toujours placĂ© un cran au dessus de leurs autres crus blancs  en le dĂ©signant un peu comme le grand cru A de CĂ´te d'Or, sa valeur Ă©talon en quelque sorte. 
Cependant boire un Montrachet Ă  maturitĂ© est devenu une gageure car les quelques 30.000 bouteilles annuelles produites sont toutes quasiment rĂ©servĂ©es Ă  l'avance par des buveurs qui ne partagent pas toujours leur fortune avec une fine connaissance des blancs de la rĂ©gion et de leur potentiel d'Ă©volution. Objet de luxe destinĂ© Ă  accompagner des repas prestigieux, il glisse frĂ©quemment dans des gosiers peu attentifs ou alors en admiration "par avance".  Dommage.

Les quelques exemplaires que j'ai en cave sont toujours ouverts après un prĂ©lude qui mĂŞle deux finages et qui se poursuit par d'autres grands crus. Je crois qu'il est important de percevoir le caractère vineux Ă©vident de ce cru si Ă©loignĂ© des archĂ©types blancs mis en lumière aujourd'hui. Souvent très riche, peu acide et de texture visqueuse il a - un peu Ă  la manière d'un Rangen en Alsace- une puissance formelle sidĂ©rante qui le rapproche? Au niveau de sa matière, d'une granularitĂ© de vin rouge. 
 
Produit sur 8 hectares et partagĂ© par les villages de Chassagne et Puligny-Montrachet, il est marquĂ© par trois zones distinctes. 
La première, cĂ´tĂ© Puligny, regarde le levant, est assez peu inclinĂ©e et est composĂ©e d'un substrat argilo-calcaire brun/rouge. Elle donne les vins les plus Ă©quilibrĂ©s, fins et sensuels du cru. 
La seconde qui dispose de mĂŞme substrat du cĂ´tĂ© de Chassagne verse vers le sud et est ainsi un peu plus solaire et prĂ©coce, elle donne des vins lĂ©gèrement plus opulents et intenses. 
Enfin une petite zone incluse tardivement dans le cru et situĂ©e sur Chassagne, se place au dessus du cru au sud en formant de petits enclos en terrasses, ce sont "les dents de chiens", le sol y est un peu plus pierreux et le caractère du vin s'approche quelque peu de l'Ă©lĂ©gance du Chevalier tout proche. Soyons prudent toutefois car les diffĂ©rences stylistiques sont tĂ©nues. Une propriĂ©tĂ© assemble ce dernier lieu-dit avec la partie Chassagne (Prieur) et seul les domaines Colin et Amiot produisent du "pur" Dents de Chiens.   

Quelques Premiers Crus en dĂ©tail...   
Le cru de Combettes a très longtemps Ă©tĂ© vendu en Meursault Combettes tant il ressemble sur le plan stylistique aux premiers crus de cette commune. C'Ă©tait un usage loyal et constant comme on pouvait le faire avec les Santenots vendu en "Volnay". La crĂ©ation des appellations d'origine a changĂ© la donne et le vin s'est vu classĂ© logiquement sur le finage de Puligny-Montrachet. Le domaine Prieur de Meursault en est toutefois le principal propriĂ©taire - près de 2 hectares - suivi par le domaine Ampeau Ă©galement de Meursault - 2/3 d'hectare - et par quelques propriĂ©tĂ©s plus petites dont les plus connues sont Carillon, Sauzet et Maroslavac.

Le sol de Combettes ressemble beaucoup Ă  celui des Charmes dessus de Meursault avec son substrat argilo-calcaire, très pierreux, ses sols bruns clairs et une orientation vers le levant. Les sols ressuient vite et la vigne y est en gĂ©nĂ©ral prĂ©coce ce qui lui confère une grande intensitĂ© et une trame souple et glycĂ©rinĂ©e extrĂŞmement sĂ©ductrice. C'est un cru de grande garde, capable de dĂ©fier plusieurs dĂ©cennies sans perdre le moins du monde son bouquet particulier d'aubĂ©pine et ses arĂ´mes de fleurs sĂ©chĂ©es et de fruits blancs, très subtilement noisettĂ©s. 
 
Le cru de Folatières est assez Ă©tendu et se place juste au dessus des Clavaillons dans une zone de coteau qui s'incline progressivement dans le sens est-ouest. Il mesure 17.63 ha et est marquĂ© par une petite combe qui le surplombe, celle-ci ayant dĂ©posĂ© de nombreux colluvions.  
Les parties basses plus planes donnent des vins gĂ©nĂ©reux, vineux et très profonds qui sont très comparables au Caillerets voisin mais avec plus de dĂ©licatesse. Il s'agit sans doute de la meilleure partie "premier cru" du village. 
Le sous climat de Chaniot situĂ© dans cette zone est mĂŞme sans aucun doute possible le meilleur secteur potentiel classĂ© en premier cru de la commune. Pierre Bouzereau et JM Gaunoux en produisent des exemples magnifiques.

Le cru est plus pentu Ă  partir des 2/3 supĂ©rieurs et Ă©galement placĂ© sur un substrat plus pauvre et caillouteux qui confère aux vins une tension plus affirmĂ©e. Ce caractère d'influence pĂ©dologique est soulignĂ© par une maturation des fruits un peu plus tardive. Ez Folatières est Ă©galement marquĂ© par deux sous climats assez hauts sur le coteau: "Peux Bois" et "En la Richarde" qui me paraissent moins qualitatifs et surtout assez diffĂ©rents des Folatières car plus vifs, moins sĂ©veux et moins racĂ©s.    

Terroir très homogène le cru de Pucelles, si l'on exclu le Clos de la Pucelle, qui est lĂ©gèrement en contrebas des autres vignes, il fait suite au Clavoillon au nord et aux Bâtard au sud. Assez peu pentu, regardant le levant et composĂ© d'un substrat argilo-calcaire. Ses terres fines, brunes et filtrantes en raison d'une proportion importante de petits cailloux donnent certains des vins les plus fins de la CĂ´te des blancs. Les arĂ´mes de menthe sauvage, de poire fraĂ®che et d'agrumes qui le caractĂ©risent en jeunesse sont magnifiĂ©s par de subtils arĂ´mes de fleurs blanches au cours de la maturation sous verre. C'est un cru de très haut niveau qui partage avec Combettes et Folatières le premier rang de cette classe dans la commune. Je le comparerais volontiers au dessus des Genevrières Ă  Meursault. 
Par chance de nombreux bons producteurs vinifient ce cru qui encadre le Clos des Meix situĂ© en sa partie basse et en lĂ©ger dĂ©vers vers le Nord Est. Le Clos de la Pucelle commence le finage au nord et est intĂ©gralement vinifiĂ© par la maison Chartron qui n tire un vin très fin et aromatique une personnalitĂ© que lui confère ses terres un peu plus argileuses que le reste du finage. Parmi les autres producteurs je citerais la classe des vins du domaine Marc Morey, le fruit et le cĂ´tĂ© très racĂ© de ceux de Morey-Coffinet, la densitĂ© de la cuvĂ©e de Vincent Girardin et la très noble expresion de celui de Philippe Chavy., sans oublier ceux très aĂ©riens vinifiĂ©s par Franck Grux pour la maison Olivier Leflaive. 

Le cru des Referts est positionné juste sous celui des Combettes et encadré par les Charmes "du milieu" de Meursault et les Perrières de Puligny (à ne pas confondre avec ceux de Meursault). Classé premier cru et positionné auprès des meilleurs il est cependant un peu le "mal aimé" de la commune tant son nom - peu élégant il est vrai - n'a pas la résonance magique de ses prestigieux voisins. Il s'agit sans doute d'une erreur funeste car il peut en belle année égaler en intensité et en puissance tous les crus de sa commune. Moins fin que les Pucelles ou les Folatières il a en revanche beaucoup plus de corps et de sève que les premiers crus d'altitude comme Garenne ou Champs Gains. Second "premier cru" en somme!

Son sol argilo-calcaire est traversĂ© par des veines de marne Ă  certains endroits. L'endroit assez peu pentu regarde le sud-est et ses terres profondes et collantes ressuient assez vite. La vigne y pousse bien et sa vigueur doit ĂŞtre jugulĂ©e si le vigneron souhaite en faire un vrai vin tellurique exprimant son terroir. J'aime toujours la fougue de ce vin qui se livre assez vite et qui dĂ©borde d'arĂ´mes de fruits blancs et de fleur de vigne. VariĂ©tal s'il est issu de rendements importants il peut Ă©voquer Ă  son meilleur la plĂ©nitude des Poruzots du milieu et le caractère des Genevrières du dessous sur Meursault.

C'est un vin qui ravira les amateurs de blancs gĂ©nĂ©reux et pleins. 
Les plus raffinĂ©s sont produits chez Arnaud Ente - fins, tendus, racĂ©s -  et Jean-Philippe Fichet dans un style un peu plus Ă©lĂ©gant et aĂ©rien. J'apprĂ©cie Ă©galement ceux des domaines Sauzet et Carillon mais ce ne sont sans doute pas leurs meilleures cuvĂ©es. Les maisons Jadot, Olivier Leflaive, Girardin et Latour en produisent Ă©galement de très consistants.  

Le cru de Cailleret, situĂ© sur la commune de Puligny-Montrachet, est l'exact prolongement naturel du vrai Montrachet, ce dernier Ă©tant sans conteste le plus cĂ©lèbre et plus grand des vins blancs bourguignons. Cette promiscuitĂ© aurait sans doute dĂ» lui valoir le statut de grand cru tant son exposition au levant, sa pente douce de pied de coteau et son substrat argilo-calcaire le situe parmi les climats les plus qualitatifs de la commune de Puligny.

C'était sans compter sur le fait que tout comme le Clavaillon voisin il comportait nombre de plants rouges en son sein au moment de la réalisation du classement en grands crus il y a près de 80 ans. On a donc décidé de le conserver en première classe en raison de la mixité de cépages que son sous sol pouvait à l'évidence supporter. Cela sans observer que le grand cru voisin disposait lui aussi de ces mêmes potentialités et qu'il "aurait" également été complanté de noirien à une époque éloignée. Mais la mémoire des hommes ne peut suffire à affirmer cela avec absolue certitude.

Le Cailleret rata donc l'ultime accessit et fut longtemps le monopole de la maison Chartron-Dupard qui dans sa "corbeille" possédait également le Clos des Chevaliers en Chevalier-Montrachet et l'intégralité du merveilleux Clos de La Pucelle.
Chartron créa le Clos du Cailleret et en fut l'unique propriètaire jusque dans les années 1990 date à laquelle il vendit quelques parcelles aux domaines Michel Bouzereau, Des Lambrays, Boyer-Martenot et De Montille. Ce cru composé d'un substrat mêlant argile rouge et calcaire est assez caillouteux en profondeur en dépit d'une terre qui foisonne sous le soc des charrues. Les vins y puisent une énergie extraordinaire quel que soit le propriétaire considéré et si j'en juge par celui de la Maison Chartron que je goûte assez souvent il a entièrement le corps et la complexité d'un cru d'exception, à nul autre second.

Cru singulier qui mĂŞle la finesse des Pucelles Ă  la puissance du Montrachet, il envoĂ»te par ses notes florales et sa texture svelte en mĂŞme temps que très dense. 

Production de l’appellation :
Superficie en production* : (1 hectare (ha) = 10 000 m2= 24 ouvrées )Blancs : 210,70 ha (dont 98,13 ha en Premier Cru)Rouges : 0,76 ha (dont 0,05 ha en Premier Cru)
Récolte moyenne annuelle** : (1 hectolitre (hl) = 100 litres = 133 bouteilles)
Blancs & Rouge: 11500 hl)
 
*en 2011 
** moyenne 5 ans 2007-2011

 Sources : >>  Grand Atlas des Vignobles de France (BenoĂ®t) (Edition 2002)

 Dictionnaire :
1 : Bathonien : Le Bathonien est un Ă©tage stratigraphique du Jurassique moyen (Dogger). Il s'Ă©tend de -168,3 ± 1,3 Ă  -166,1 ± 1,2 millions d'annĂ©es, succĂ©dant au Bajocien et prĂ©cĂ©dant le Callovien. Sa durĂ©e est d'environ 2 millions d'annĂ©es.
2 : Pholadomya bellona : spĂ©cimens de fossiles prĂ©sents dans les marnes du  Bathonien. 
3 : hydromorphe :  L'hydromorphie est une qualitĂ© de sol. Un sol est dit hydromorphe lorsqu'il montre des marques physiques d'une saturation rĂ©gulière en eau. La vie microbienne est alors « noyĂ©e » et la prĂ©sence d'eau a Ă©galement des consĂ©quences physico-chimiques. Dans un sol argileux, l'hydromorphie se repère assez facilement.
4 : vertique : relatif au vertisol, sol fertile sujet Ă  de fortes diffĂ©renciations saisonnières (grande sĂ©cheresse puis extrĂŞme humiditĂ©),  courant dans les rĂ©gions tropicales et continentales.  
5 : Pliocène : Sur l'Ă©chelle des temps gĂ©ologiques, le Pliocène est la plus rĂ©cente Ă©poque gĂ©ologique du NĂ©ogène. S'Ă©tendant de 5,332 ± 0.005 Ă  2,588 ± 0.005 millions d’annĂ©es, il est suivi du PlĂ©istocène et prĂ©cĂ©dĂ© par le Miocène. 
6 : rendzines : Sol typique des roches calcaires friables, Ă  profil gĂ©nĂ©ralement peu profond et humifère. (Ces sols sont largement utilisĂ©s en culture intensive cĂ©rĂ©alière [Champagne crayeuse]. Les rendzines, sols gĂ©nĂ©ralement jeunes, Ă©voluent par dĂ©carbonatation vers les sols bruns).
7 : Bajocien : Le Bajocien est un Ă©tage du Jurassique moyen ou Dogger, correspondant Ă  une durĂ©e d'environ 2 millions d'annĂ©es, pour un âge compris entre -170,3 ± 1,4 et -168,3 ± 1,3 millions d'annĂ©es. Il est prĂ©cĂ©dĂ© par l'AalĂ©nien et suivi par le Bathonien.


Cfa le 20.11.2016

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