Il y a plus de 2 600 ans… Les Phocéens, en même temps qu’ils fondent Marseille, implantent les premiers ceps dans la baie de Cassis. Ils introduisent l’ugni blanc, encore présent aujourd’hui. Plus tard, les Romains perpétuent la culture de la vigne à Cassis et expédient le vin par la mer. Comme en témoigne les amphores à vin retrouvées en baie de Cassis. Les premières traces écrites de l’existence du vignoble cassiden remontent au Moyen-Age. En 1381, un texte notarié relate la présence d’une terre à vigne au lieu-dit « L’Arène », en bordure de mer. Dès l’origine, le vignoble jette donc l’encre au bord de la Méditerranée pour s’arrimer, ensuite, aux coteaux des massifs environnants. Au XVIe siècle, Cassis scelle son destin : le vignoble se spécialise dans l’élaboration de vins blancs. Une révolution en Provence ! Ailleurs, les vins rouges dominent.
Au XIXe siècle, le phylloxera, interrompt son essor. Cette maladie provoquée par un insecte anéantit la totalité des vignes. Il est ressuscité grâce à la pugnacité d’une poignée de vignerons. Ils effectuent de nouvelles plantations sur des porte-greffes américains. Parallèlement, ils orientent définitivement la production du vignoble vers les vins blancs secs.
Le 15 mai 1936, le vignoble de Cassis entre dans l’histoire. Il obtient son classement en Appellation d’Origine Contrôlée, AOC, au moment même où ces trois lettres voient officiellement le jour. Cassis est ainsi le premier vignoble de France à avoir reçu cette distinction. Il couronne un millénaire d’histoire viticole dans ce petit village maritime de Provence.
Durant le XXe siècle, le vignoble continue de prospérer. Les plantations progressent, sous l’impulsion des familles vigneronnes très attachées à ce terroir. Le mouvement s’inscrit dans la continuité. Au cours des vingt dernières années, la superficie du vignoble est passée de 180 à 215 hectares. Durant cette période, les vignerons cassidens investissent aussi dans la modernisation de leurs chais. Depuis 2012, le vignoble de Cassis s’insère dans le Parc National des Calanques. C’est le seul de France à être intégralement inclus dans le territoire d'un parc national.
Le vignoble de Cassis forme un cirque face à la Mer Méditerranée. Il est fermé, à l’Ouest, par le Massif des Calanques et, à l’Est, par le Cap Canaille, du provençal, « cap Naio » : cap qui baigne. Malgré un caractère méditerranéen marqué, il s’intègre dans un environnement propice à l’élaboration de vins blancs d’excellence.
Du haut de ses 400 mètres d’altitude, le cap Canaille est la plus haute falaise maritime de France. Le vignoble de Cassis s’érige sur son flanc façonné par les « restanques ». Ces murs de pierre qui furent bâtis par les vignerons, retiennent les vignes sur les coteaux rocheux et escarpés. De ces hauteurs, elles s'étendent jusqu’à la mer. Le vignoble s’implante sur des sols composés de calcaires riches en oxyde de fer provenant des éboulis de la falaise. Leur formation remonte à environ 115 millions d’années et renferme de nombreuses coquilles d’organismes fossilisées, qui reposaient au fond des mers urgoniennes.
Elles confèrent à ce terroir une bonne alimentation hydrique indispensable au bon développement de la vigne. Alliée au calcaire, cette fraîcheur sied à l’élaboration de vins blancs d’excellence.
La mer, toute proche, leur offre d’autres bienfaits. La constance des brises maritimes joue comme un régulateur thermique. Le sel déposé par les embruns sur les grappes donne aux blancs de Cassis une touche iodée caractéristique de leur personnalité.
Ce terroir bénéficie, par ailleurs, d’un fort ensoleillement qu’intensifie la réverbération sur les falaises blanches et les sols clairs. Ce rayonnement intense favorise la qualité de la photosynthèse indispensable à la bonne maturation des raisins.
Les cépages principaux :
L’encépagement de chaque exploitation doit contenir au moins 60 % de Marsanne et de Clairette qui sont les deux cépages principaux de l’appellation.
Les cépages secondaires :
L’Ugni Blanc a trouvé à Cassis les sols et le microclimat lui permettant d’exprimer ses qualités. À faible rendement, il apporte aux vins blancs de Cassis un support d'acidité qui leur permet de durer dans le temps. Les vieilles vignes développent également une palette aromatique riche avec des notes citronnées.
Vins rares et précieux, les blancs de Cassis se parent d’une robe jaune clair aux reflets éclatants et lumineux. Ils livrent des senteurs d’agrumes, de fleurs blanches rehaussées de notes minérales et iodées empruntées au terroir.
Des parfums de miel et de coing s’y développent avec le temps.
Au palais, ils allient l’ampleur, le gras et la fraîcheur dans un équilibre remarquable et revendiquent cette minéralité qui est leur signature.
Grâce à ces qualités, les blancs de Cassis se révèlent également sur la durée. Ils peuvent se conserver en cave de 2 à 5 ans, voire d'avantage.
En cuisine, ils se marient avec les poissons, loup, daurade, rougets grillés… sans oublier la bouillabaisse, dont ils partagent la même origine. Ils s’accordent aussi avec les cuisines japonaises et asiatiques.
Les rosés, au second rang de la production, possèdent une teinte délicate.
Ils offrent beaucoup de finesse avec des parfums floraux de jacinthe, fleur de pêcher et des arômes de petits fruits rouges.
Ils escortent, eux aussi, les poissons de Méditerranée, ainsi que la cuisine provençale, les légumes farcis, tomates, courgettes, aubergines…Ils égaient aussi l'apéritif. Ils s’apprécient, comme les blancs, entre 10 et 12°C.
Les rouges revêtent une jolie robe rubis. Amples et denses, ils jouissent d’une palette aromatique d'épices et de fruits rouges. Leurs tanins soyeux et équilibrés leur confèrent d’excellentes qualités de garde, jusqu’à 10 ans en cave. Ils se dégustent entre 14 et 16°C.
Leurs pratiques s’inscrivent par ailleurs dans une démarche de développement durable. En 2012, le vignoble de Cassis a été intégré à l’intérieur du territoire du Parc National des Calanques. L’appellation Cassis est ainsi la seule entièrement incluse dans un Parc National. Ce classement constitue une étape supplémentaire dans sa protection. Il fige, en effet, l’aire d’appellation du vignoble dans la durée.










