Petit pays de 8 millions d'habitants, sans accès
à la mer, entouré (dans le sens des aiguilles d'une montre) par la France,
l'Allemagne, le Liechtenstein, l'Autriche et l'Italie, la Suisse est située
entre les 45° et 47° parallèles, seuil passé lequel la viticulture devient
généralement difficile. D'une superficie totale de près de 42 000 km%, c'est un
pays vallonné et montagnard, avec le Jura (12% de la superficie totale), les
Alpes (14%) et le Plateau, qui s'étend du lac de Constance (nord-est) au lac
Léman (est-sud-est), caractérisé par une altitude moyenne de près de 600 m (30%
de la superficie totale).
On surnomme la Suisse le château d'eau de
l'Europe en raison de ses multiples lacs (plus de 1 500) et de la présence de
fleuves majeurs tels le Rhône et le Rhin.
La Suisse est une confédération, c'est-à-dire un
regroupement de cantons, dont l'origine remonte à 1291. Chacun des 26 cantons
suisses possède une certaine autonomie légis-lative, étant également soumis à
une juridiction fédérale dans des domaines spécifiques.
Trois langues sont officielles en Suisse:
l'allemand, le français et l'italien. Le romanche n'est utilisé que pour les
communications officielles avec les personnes qui ne parlent pas d'autre
langue.
La présence de raisin est attestée dans le canton
de Neuchâtel au néolithique (3000-1800 avant J.-C.), bien que l'on ignore s'il
s'agissait de vignes sauvages ou cultivées.
Comme ailleurs en Europe, c'est la conquête
romaine (1er siècle avant J.-C.) qui va apporter la culture de la vigne en
Suisse ainsi que le savoir-faire nécessaire à l'élaboration des vins; plus
tard, les moines, particulièrement les cisterciens, développeront les vignobles
existants et en créeront de nouveaux comme celui de Dézaley, par exemple.
Le vignoble suisse subira aussi les problèmes du
phylloxéra, qui entraîneront une réduction de sa superficie à la fin du XIXème siècle.
De nos jours, avec 12 500 ha, il ne représente
plus que la moitié de l'étendue qu'il avait en 1885.
Les grandes zones viticoles suisses se trouvent
souvent à proximité de cours d'eau ou de vastes lacs agissant comme régulateurs
de température. Les vignobles sont parfois situés en altitude et la culture en
terrasses, appelées localement les tablars, est fréquente sur les pentes bien
exposées. L'effet de vents locaux permanents comme le foehn est également
primordial dans certaines zones, apportant de la chaleur ou contribuant à faire
disparaître l'humidité.
En somme, le vignoble suisse est un vignoble très
morcelé où se retrouvent de nombreux microclimats, qui possède en même temps
des caractéristiques de climats continental, méditerranéen et montagnard. Il
est donc difficile de parler de sols en termes généraux, chaque vignoble ayant
sa particularité géomorphologique et édaphologique.
👉À noter: La superficie des terres dédiées à toute
forme d'agriculture tend à diminuer, rongée par le développement immobilier et
la pression démographique.
Ampélographes de tous les pays du monde, la
Suisse pourrait être votre paradis! On y trouve en effet de très nombreux
cépages bien connus, comme le pinot noir, le gamay, ou le riesling, mais aussi
des cépages autochtones très intéressants, comme la petite arvine, le cornalin
ou l'humagne. Les stations de recherche suisses sont particulièrement
prolifiques pour essayer de trouver les cépages les plus adaptés aux climats
locaux, et vous pouvez trouver du freisamer (sylvaner × pinot gris), du
charmont (chardonnay × chasselas), voire du diolinoir (rouge de Diolly × pinot
noir).
La Suisse demeure toutefois le pays de référence
pour le chasselas, qui représente 40% de tout l'encépagement suisse. C'est là
que l'on en retrouve en plus grande quantité dans le monde, sous diverses
dénominations.
Si l'on dresse la liste des principaux cépages
formant plus de 10% de l'encépagement total et représentant en tout 90% de la
superficie viticole, on obtient, par ordre de superficie plantée: chasselas,
pinot noir, gamay, merlot, riesling x sylvaner, sylvaner.
Quelques généralités sur les vins suisses :
- Le
vignoble suisse représente 2% du vignoble mondial.
- La
production comprend des rouges et des blancs à parts égales.
- Les
vignobles, petits, sont fréquemment situés sur des reliefs escarpés, ce qui
augmente les coûts de production et, par conséquent, les prix de vente.
- La
vinification en coopérative est chose courante; peu de vignerons embouteillent
eux-mêmes leur propre production.
- Les
quantités produites sont relativement basses et la majorité des vins suisses
sont consommés par les habitants du pays.
- Le
franc suisse, avec son cours élevé, constitue un obstacle supplémentaire
lorsqu'il est question d’exportation.
Les vins suisses sont généralement secs et
tranquilles, même si l'on retrouve des vins effervescents de très belle
qualité, notamment dans l'appellation Bonvillars.
A bien des égards, la législation des vins
suisses est relativement complexe et difficile à comprendre. De plus, elle est
actuellement en évolution afin de tenir compte de l'harmonisation des
législations européennes.
L'aspect légal du vin est assuré à la base par une législation fédérale (tirée
de l'Ordonnance des denrées alimentaires ou O.D.A.); il comprend un cadastre
viticole, une liste des cépages, des limitations de rendement, des mesures
destinées à encourager la viticulture et une classification des vins suivant
trois catégories (arrêté fédéral du 19 juin 1992).
Par ailleurs, chaque canton peut imposer des
normes plus strictes s'il le désire, pour respecter sa spécificité de terroir
ou de cépage.
Il existe trois grandes classes de vins suisses
(de la plus permissive à la plus stricte):
- la
classe 3, les vins de table, sans indication d'origine, de cépage ou de
provenance, souvent vendus en vrac ou en litres (équivaut au VSIG);
· la
classe 2, les vins avec une indication de provenance ou désignation de
provenance et de cépage, comme le gamay de Romandie. La provenance est ici
assez générale, identifiant une région plus étendue qu'un canton (équivaut à l'IGP),
· la
classe 1, les vins avec une appellation d'origine, ou appellation d'origine et
de cépage. Cette appellation peut être attribuée à un village (ex. : Lavaux) ou
désigner un produit (ex: le Fendant.), dont les conditions de production sont
plus précises que les vins de classe
L'étiquette portera les mots
«appellation contrôlée» ou «appellation d'origine contrôlée» (équivaut à
l'AOP).
En date du 1er décembre 2013, la Suisse compte 85
AOC.
👉 À noter : À défaut d'une exigence cantonale
différente, les deux seules mentions obligatoires sur une étiquette suisse sont
celles qui définissent, d'une part, la catégorie (d'ensemble, de provenance,
d'origine) et, d'autre part, le nom et la raison sociale du producteur, appelé
encaveur, de l'importateur ou du vendeur (traçabilité).
On produit du vin dans presque tous les cantons
suisses; par contre, trois cantons regroupent la majorité de la production du
pays: le canton du Valais (5 300 ha), le canton de Vaud (3 660 ha) et le canton
de Genève (1 500 ha).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire